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Suède : l’extrême droite recule pour la première fois depuis 2010

Suède : l’extrême droite recule pour la première fois depuis 2010

Le parti nationaliste perd trois points par rapport à 2022 et passe derrière les Modérés d’Ulf Kristersson, alors que la droite extrême progresse ailleurs en Europe.

Pourquoi les Démocrates de Suède ont-ils perdu des voix en 2026 ?

Les résultats provisoires publiés le soir du scrutin montrent que les Démocrates de Suède ont reculé de 20,5 % en 2022 à 17,6 % en 2026. Le parti dirigé par Jimmie Åkesson a reconnu cette perte dès le soir du 13 septembre. Cette diminution intervient après quinze années de progression continue depuis l’entrée du parti au Riksdag en 2010. Le leader du parti a déclaré : « Il est évident que nous avons perdu une partie de nos voix ». Ce recul contraste fortement avec la progression observée dans d’autres pays européens au cours des mêmes années. Le comptage des voix se poursuit et il est encore trop tôt pour tirer toutes les conclusions définitives de ce scrutin, mais la performance des Démocrates de Suède constitue l’une des surprises de la soirée. Pour la première fois depuis 2010, leur pourcentage diminue et ils cèdent la deuxième place aux Modérés du Premier ministre sortant Ulf Kristersson.

Plusieurs analystes attribuent ce recul à l’adoption par d’autres formations, y compris les sociaux-démocrates, de positions plus restrictives sur l’immigration irrégulière. Le grand afflux de 2015 a conduit les gouvernements successifs à durcir les règles d’asile, réduisant ainsi la spécificité du discours des Démocrates de Suède sur ce sujet. Anders Sannerstedt, professeur de sciences politiques à l’université de Lund, explique que beaucoup d’électeurs choisissaient auparavant le parti uniquement pour sa politique migratoire, sans le considérer comme le meilleur parti sur l’ensemble des questions. Le professeur note que cette convergence a fait perdre au parti son avantage distinctif sur le thème qui avait longtemps mobilisé ses électeurs. Le grand flux migratoire de 2015 et la hausse des demandes d’asile ont profondément modifié les données en Suède, pays traditionnellement attaché à une politique généreuse d’accueil des réfugiés.

Comment la concurrence sur l’immigration a-t-elle modifié le paysage électoral ?

Le politologue Anders Sannerstedt, de l’université de Lund, explique que de nombreux électeurs choisissaient auparavant les Démocrates de Suède principalement pour leur ligne migratoire, sans les considérer comme le meilleur parti sur l’ensemble des questions. Une fois que les autres partis ont adopté une ligne plus ferme, cet avantage s’est réduit. La campagne 2026 a été dominée par le pouvoir d’achat et le renforcement de l’État providence, thèmes traditionnellement portés par les sociaux-démocrates. Le professeur note que le sujet migratoire a perdu sa capacité de mobilisation lors de ce scrutin. Anika Fredén, chercheuse à la même université, ajoute que les Démocrates de Suède n’ont pas réussi à renforcer leurs positions sur d’autres thèmes, ce qui a limité leur capacité à élargir leur électorat au-delà de la question migratoire. Désormais, le parti cherche de nouveaux sujets à mettre en avant, car la thématique migratoire semble avoir perdu sa dynamique mobilisatrice lors de ces élections.

Quel rôle joue l’histoire de la social-démocratie suédoise dans ce résultat ?

Anders Suhonen, directeur de l’institut Katalys, rappelle que les sociaux-démocrates ont historiquement construit l’État providence suédois. Cette mémoire collective reste présente chez une partie des électeurs et a limité la progression des Démocrates de Suède sur d’autres thèmes. Lors de la campagne, contrairement à 2022, les questions économiques et sociales ont dominé le débat, favorisant les sociaux-démocrates. Suhonen souligne que l’objectif principal des électeurs était aussi de mettre fin au gouvernement de Kristersson et d’empêcher les Démocrates de Suède d’accéder davantage au pouvoir. Cette combinaison de facteurs historiques et conjoncturels explique en partie pourquoi le recul du parti nationaliste a pu se produire malgré le contexte européen. Les sociaux-démocrates ont été, d’une certaine manière, le parti qui a bâti l’État providence, et cette histoire continue de résonner auprès des électeurs.

Quelle est la situation des sièges et les perspectives de gouvernement ?

Les premiers comptages donnent 176 sièges à la coalition centre-gauche contre 173 à la droite et à l’extrême droite. Le décompte définitif, incluant les votes par correspondance, doit être achevé le 16 septembre. Ulf Kristersson, Premier ministre sortant, voit sa position fragilisée par la perte de la deuxième place de ses partenaires des Démocrates de Suède. Magdalena Andersson, cheffe de l’opposition sociale-démocrate, doit tenter de former un gouvernement. Si elle échoue, Kristersson pourrait rester en fonction à la tête d’une nouvelle coalition minoritaire. Le gouvernement sortant de Kristersson était déjà minoritaire et dépendait du soutien parlementaire des Démocrates de Suède ; ce dernier avait promis une participation à une coalition gouvernementale en cas de victoire. Il est toutefois possible que Kristersson demeure en place si Andersson échoue dans des négociations qui s’annoncent complexes pour former un gouvernement.

En quoi ce résultat suédois diffère-t-il de la tendance européenne ?

Alors que la droite extrême progresse en Italie avec Giorgia Meloni, en Allemagne avec l’AfD en Saxe-Anhalt et au Royaume-Uni avec Reform UK, la Suède enregistre une baisse du soutien aux Démocrates de Suède. Cette exception s’explique par la convergence des autres partis sur la politique migratoire et par la force persistante du récit social-démocrate dans le pays. Le résultat montre que lorsque plusieurs formations reprennent des positions sur l’immigration et que les thèmes économiques reviennent au premier plan, un parti nationaliste peut voir son avance se réduire, même après des années de progression régulière. Le score des Démocrates de Suède diminue pour la première fois depuis leur entrée au Parlement en 2010, marquant un changement par rapport à la dynamique observée sur le reste du continent.

FAQ : questions fréquentes sur les élections suédoises de 2026

Les Démocrates de Suède ont-ils perdu des voix pour la première fois ?

Oui. Depuis leur entrée au Parlement en 2010, le parti n’avait jamais enregistré de baisse de pourcentage entre deux élections législatives.

Quel est le nouveau score des Démocrates de Suède ?

Le parti obtient 17,6 % des suffrages, contre 20,5 % en 2022, soit une perte de trois points.

Qui arrive désormais en deuxième position ?

Les Modérés d’Ulf Kristersson ont repris la deuxième place aux Démocrates de Suède.

La gauche dispose-t-elle d’une majorité de sièges ?

Les premiers résultats donnent 176 sièges à la gauche et au centre-gauche contre 173 à la droite et à l’extrême droite.

Quand le résultat définitif sera-t-il connu ?

Le décompte complet, y compris les votes par correspondance, doit être terminé le 16 septembre 2026.