Auteur de plus de vingt films, dont la trilogie emblématique La Bataille du Chili, il avait vécu en France depuis plus de quarante ans. Selon des sources proches de la famille, il a été hospitalisé lundi 14 septembre avant de s’éteindre vers 5 heures du matin. Son œuvre a marqué le documentaire politique mondial.
Patricio Guzmán : une vie consacrée au documentaire politique
Patricio Guzmán est mort à Paris le 15 septembre 2026. Le cinéaste, âgé de 85 ans, avait ressenti un malaise la veille et avait été transporté dans un hôpital de la capitale française. Son décès survient après une maladie de longue durée. Installé en France depuis plus de quatre décennies, il y avait poursuivi une carrière internationale tout en restant attaché à l’histoire du Chili. Les sources familiales ont précisé qu’il a ressenti une indisposition le lundi 14 septembre et a été conduit à l’hôpital parisien où il s’est éteint aux alentours de cinq heures du matin. Cette disparition clôt une carrière qui a produit plus de vingt films, essentiellement des documentaires. Le cinéaste avait consacré l’essentiel de son travail à l’exploration des événements politiques chiliens, en particulier ceux qui ont entouré l’Unité populaire et le coup d’État de 1973.
La trilogie La Bataille du Chili, œuvre fondatrice
Entre 1975 et 1979, Patricio Guzmán a réalisé trois films qui forment La Bataille du Chili : L’Insurrection de la bourgeoisie, Le Coup d’État et La Puissance du peuple. Ces documentaires couvrent la période de l’Unité populaire entre 1970 et 1973, jusqu’au coup d’État contre Salvador Allende. Tourné dans des conditions de clandestinité sous la dictature d’Augusto Pinochet, le projet a dû être diffusé en secret. Chris Marker a fourni une partie du matériel de tournage. L’ensemble est devenu une référence mondiale du documentaire politique. Le matériel, constitué d’interviews et d’images d’événements historiques, a été remis par Marker qui connaissait une partie du travail du réalisateur. L’œuvre a dû être réalisée et diffusée dans le plus grand secret en raison des persécutions menées par le régime de Pinochet entre 1973 et 1990. Le projet a enregistré les années critiques de l’Unité populaire et la déstabilisation politique qui a culminé avec le coup d’État contre le président Allende. Les images rassemblées montrent les grèves historiques et les confrontations sociales qui ont marqué ces années. La trilogie a imposé un style de documentaire politique qui combine observation directe et analyse structurée des forces en présence.
Les trois volets de la trilogie
Le premier film, L’Insurrection de la bourgeoisie, date de 1975. Le Coup d’État suit en 1976. Le troisième volet, La Puissance du peuple, est sorti en 1979. Ensemble, ils constituent un témoignage continu sur les événements qui ont conduit à la chute du gouvernement d’Allende et à l’installation du régime militaire. La trilogie enregistre les années critiques de l’Unité populaire et la déstabilisation politique qui a culminé avec le coup d’État. Chaque volet apporte un éclairage spécifique : le premier sur les résistances des classes dominantes, le deuxième sur le déroulement du coup lui-même, le troisième sur les mobilisations populaires qui ont tenté de défendre le gouvernement. Ce découpage chronologique permet de suivre pas à pas l’évolution de la crise chilienne.
Exil et reconnaissance internationale
Après la sortie de la trilogie, Patricio Guzmán a été contraint à l’exil, d’abord en Espagne puis en France. Son travail a contribué à faire connaître la situation chilienne auprès d’un public mondial. En 2023, il a reçu le Prix national des arts de la scène et de l’audiovisuel au Chili, confirmant son statut parmi les figures majeures du cinéma documentaire de son pays. Au cours de la première décennie de son exil, ses expériences personnelles ont révélé l’histoire d’une communauté mondiale de cinéastes documentaristes qui ont montré leur solidarité et partagé le rêve d’un monde plus juste. Son amitié avec Chris Marker et les films issus de leur collaboration font partie de cette histoire cinématographique. Même après la chute de Pinochet, Guzmán avait encore de nombreuses histoires à raconter et de nombreuses questions à poser. L’exil a transformé sa pratique en lui donnant accès à des réseaux internationaux de production et de diffusion tout en maintenant le lien avec les archives qu’il avait constituées au Chili.
Évolution vers des explorations plus larges
Dans les années suivantes, Patricio Guzmán a élargi ses sujets. Le film Salvador Allende, sorti en 2004, revient sur la figure du président. Plus tard, il a réalisé une nouvelle trilogie composée de Nostalgie de la lumière (2010), Le Bouton de nacre (2015) et La Cordillère des songes (2019). Ces œuvres relient l’histoire politique chilienne à des réflexions sur la nature et le temps. Dans ses dernières années, son travail a pris une direction différente, présentant une exploration cinématographique mature du monde qui transpose l’expérience violente du peuple chilien sur un plan métaphorique examinant les éléments fondamentaux de la nature. La transition vers ces thèmes plus larges n’a pas rompu le fil conducteur de son œuvre : la mémoire collective du Chili reste au centre, mais elle est désormais abordée à travers des images de paysages, d’objets et de phénomènes naturels.
Frequently asked questions
À quel âge est mort Patricio Guzmán ?
Patricio Guzmán est décédé à l’âge de 85 ans.
Quelle est son œuvre la plus connue ?
Sa trilogie La Bataille du Chili, réalisée entre 1975 et 1979, reste son travail le plus reconnu.
Où vivait-il depuis les années 1980 ?
Il vivait en France depuis plus de quarante ans.
Quel prix a-t-il reçu en 2023 ?
Il a reçu le Prix national des arts de la scène et de l’audiovisuel au Chili.
Quels sont les titres des trois volets de La Bataille du Chili ?
Les titres sont L’Insurrection de la bourgeoisie, Le Coup d’État et La Puissance du peuple.
