Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé mercredi la concentration croissante des pouvoirs au Nicaragua entre les mains du gouvernement et du parti au pouvoir. L’ONU décrit une situation « absolument intolérable » marquée par la dissolution progressive des institutions démocratiques et l’absence de séparation des pouvoirs.
Pourquoi l’ONU accuse-t-elle le Nicaragua de concentrer les pouvoirs ?
Volker Türk a présenté le rapport annuel couvrant la période juin 2025-juin 2026. Selon ce document, le président Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007, et son parti exercent un contrôle quasi total sur les institutions. Le parlement a adopté début septembre une révision constitutionnelle interdisant aux opposants de se présenter aux élections. Cette mesure garantit que l’autorité reste entre les mains du chef de l’État. Le rapport parle d’un « de facto » fin de la séparation des pouvoirs et d’une « progressive dissolution des institutions démocratiques et de l’État de droit ». La situation est qualifiée d’« absolument intolérable ».
Quel contrôle le parti au pouvoir exerce-t-il sur les institutions ?
Le rapport indique que le parti gouvernant contrôle actuellement le pouvoir législatif, les 153 municipalités et les deux conseils régionaux des zones autonomes de la côte caraïbe. Une loi adoptée en 2025 a placé les principaux organes de contrôle sous l’autorité directe du président. L’ONU constate l’absence effective de séparation des pouvoirs et l’affaiblissement du système de checks and balances. Le parti au pouvoir exerce un « contrôle quasi absolu » sur les pouvoirs et une « utilisation systématique et abusive du pouvoir » qui affaiblit le mécanisme institutionnel de contrôles et contrepoids.
Quelles sont les principales méthodes de répression signalées ?
Les arrestations systématiques et arbitraires constituent le principal outil de répression. À la fin de la période couverte, des organisations de la société civile ont recensé 46 détenus. Le Haut-Commissariat a documenté au moins huit cas de disparitions forcées et quatre décès en détention, imputés aux autorités. Les chiffres réels pourraient être plus élevés en raison du manque d’accès au pays et de la peur des représailles. Le rapport souligne une impunité généralisée et note que les autorités refusent toute coopération avec le Haut-Commissariat tout en interdisant l’accès au territoire.
Combien d’organisations et de médias ont été fermés ?
Quatre nouvelles organisations non gouvernementales ont été contraintes de cesser leurs activités au cours de la dernière année, portant à 5 539 le nombre total d’entités dissoutes arbitrairement en huit ans. Un média supplémentaire a été fermé, portant à 56 le nombre de médias fermés sur la même période. Volker Türk a noté qu’il ne restait « presque plus rien à fermer ». Les autorités utilisent systématiquement les ordonnances judiciaires de saisie conservatoire pour priver les opposants ou supposés opposants de leurs ressources.
Quelles conséquences l’ONU tire-t-elle de cette situation ?
Le rapport souligne une impunité généralisée et l’utilisation systématique de saisies conservatoires pour priver les opposants ou supposés opposants de leurs ressources. L’absence de coopération des autorités et le refus d’accès au territoire limitent la collecte d’informations. Les chiffres fournis ne sont pas exhaustifs et pourraient être largement supérieurs. La peur des représailles chez les victimes et les témoins empêche une documentation complète des violations.
FAQ : Nicaragua et rapport de l’ONU
Qui a publié le rapport sur le Nicaragua ?
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, dirigé par Volker Türk, a rendu public ce rapport le 16 septembre 2026.
Quelle est la principale critique formulée ?
La concentration des pouvoirs entre les mains du gouvernement et du parti au pouvoir, accompagnée de la dissolution progressive des institutions démocratiques.
Combien de détenus ont été recensés ?
Des organisations de la société civile ont fait état de 46 détenus à la fin de la période juin 2025-juin 2026.
Combien de médias ont été fermés en huit ans ?
Cinquante-six médias ont été fermés au cours des huit dernières années, dont un supplémentaire au cours de la période couverte.
Quel est le nombre d’organisations dissoutes ?
5 539 entités ont été dissoutes arbitrairement depuis huit ans, dont quatre nouvelles au cours de la dernière année.
