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Mohammad Bagher Ghalibaf : est-il le « Trump iranien » ?

Mohammad Bagher Ghalibaf : est-il le « Trump iranien » ?

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, fait l'objet d'une comparaison frappante avec Donald Trump. Nicole Gregorieff, chercheuse à Sciences Po, avance que le dirigeant iranien partage des traits structurels avec l'ancien président américain. Elle souligne notamment sa capacité à transformer les scandales en leviers de pouvoir. Cette thèse repose sur des similitudes de parcours liées à la gestion de réseaux d'influence et à la survie politique face aux accusations de corruption. Cet article analyse la validité de cette analogie, les origines de la carrière de Ghalibaf et les différences fondamentales entre ces deux figures mondiales.

Pourquoi Mohammad Bagher Ghalibaf est-il comparé à Donald Trump ?

La comparaison repose sur une analyse de Nicole Gregorieff, chercheuse au Centre d'études internationales de Sciences Po, qui voit dans le parcours de Mohammad Bagher Ghalibaf des mécanismes de pouvoir similaires à ceux de Donald Trump. Selon son analyse publiée dans Foreign Policy, les deux hommes auraient bâti leur ascension sur un écart constant entre les discours publics et les transactions privées.

L'argumentaire de la chercheuse s'articule autour de trois piliers principaux : l'utilisation des infrastructures (qu'elles soient matérielles, financières ou institutionnelles) comme outils de redistribution du pouvoir, la capacité à naviguer au sein de réseaux opaques mais hautement structurés, et une résilience politique remarquable face aux accusations de malversations. Pour Gregorieff, ces caractéristiques ne sont pas seulement des traits de personnalité, mais des méthodes de gestion de la survie institutionnelle.

Une méthode de gouvernance par les réseaux

L'idée centrale est que la survie de Ghalibaf, tout comme celle de Trump, dépend de sa capacité à maintenir des réseaux d'influence qui lui permettent de redistribuer des ressources de manière contrôlée. Cette gestion de l'opacité permettrait de garantir la pérennité du système tout en consolidant la position individuelle du dirigeant.

Quel est le parcours politique de Mohammad Bagher Ghalibaf ?

Mohammad Bagher Ghalibaf est un produit intégral du système de la République islamique d'Iran, occupant des fonctions clés au sein de l'appareil sécuritaire et administratif. Ancien général à la retraite du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), il a également servi comme chef de la police et comme maire de Téhéran pendant douze ans (2005-2017).

Son profil est celui d'un homme de l'État, profondément ancré dans les structures de pouvoir iraniennes. Malgré plusieurs tentatives infructueuses pour accéder à la présidence de la République — avec des échecs lors des scrutins de 2005, 2013, 2017 et 2024 — sa stature politique n'a cessé de croître. Aujourd'hui président du Parlement, il joue un rôle pivot dans les négociations diplomatiques de l'Iran, notamment face aux pressions exercées par les États-Unis.

Un acteur clé des négociations internationales

Sa position actuelle lui confère une influence stratégique majeure. Gregorieff suggère qu'il pourrait être l'un des rares acteurs capables de négocier et de mettre en œuvre un accord avec Washington, en utilisant une logique de survie institutionnelle et de répartition contrôlée des ressources qui caractérise son mode opératoire.

Quelles sont les accusations de corruption entourant le dirigeant iranien ?

Le parcours de Ghalibaf est marqué par des allégations récurrentes de détournement de biens publics et de favoritisme. Durant son mandat de maire de Téhéran, des enquêtes ont suggéré que son bureau aurait facilité le transfert de propriétés municipales d'une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars vers des bénéficiaires proches du pouvoir, souvent avec des remises importantes.

D'autres éléments viennent étayer cette image d'opacité financière :

L'impact des sanctions sur la perception publique

Ces accusations sont particulièrement sensibles en Iran, où les sanctions internationales pèsent lourdement sur le quotidien des citoyens. Le contraste entre le train de vie supposé de l'élite politique et la détresse économique de la population alimente un sentiment d'injustice sociale profond.

L'analogie Trump-Ghalibaf est-elle scientifiquement fondée ?

Si les similitudes structurelles existent, une analyse approfondie révèle des divergences fondamentales qui nuancent, voire contredisent, l'étiquette de « Trump iranien ». La comparaison semble reposer sur une généralisation de traits politiques que l'on retrouve chez de nombreux dirigeants mondiaux.

Plusieurs points de rupture apparaissent lors de l'examen des trajectoires individuelles :

L'un des points les plus saillants concerne la nature même de leur richesse. Alors que Ghalibaf est soupçonné d'utiliser les leviers de l'État, Donald Trump a transformé son image de marque en une source de revenus privés massifs. À titre d'exemple, selon Reuters, la famille Trump aurait généré plus de 1,4 milliard de dollars en 2025 grâce à des activités liées aux crypto-monnaies, tout en promouvant des politiques favorables à ce secteur.

Une simplification excessive de la science politique

L'étiquette de « Trump iranien » peut être perçue comme une simplification excessive. Si les deux hommes partagent une résilience face aux crises, leurs contextes de légitimité et leurs méthodes d'accumulation de richesse sont diamétralement opposés : l'un est un pilier de l'ordre établi, l'autre un perturbateur de l'ordre établi.

FAQ: Questions fréquentes sur Mohammad Bagher Ghalibaf

Qui est Mohammad Bagher Ghalibaf ?

Mohammad Bagher Ghalibaf est un haut responsable politique iranien, actuellement président du Parlement. Ancien général de l'IRGC et ancien maire de Téhéran, il est considéré comme une figure centrale du système de pouvoir en Iran, jouant un rôle clé dans les négociations avec les puissances étrangères.

Pourquoi est-il comparé à Donald Trump ?

La comparaison, initiée par la chercheuse Nicole Gregorieff, repose sur des similitudes de style de gouvernance : l'usage de réseaux opaques, la capacité à survivre à des scandales de corruption et une gestion de la puissance basée sur l'écart entre le discours public et les intérêts privés.

Quelles sont les preuves de corruption contre lui ?

Les accusations concernent principalement des transferts de biens municipaux à des proches lors de son mandat de maire et des acquisitions immobilières de luxe de sa famille à l'étranger, bien qu'aucune condamnation judiciaire n'ait été prononcée à son encontre.

Quelle est la différence majeure avec Donald Trump ?

La différence réside dans leur origine : Ghalibaf est un produit intégré du système étatique iranien, tandis que Trump est un outsider qui a utilisé sa notoriété privée pour conquérir le pouvoir. Leurs méthodes d'accumulation de richesse (étatique vs privée) diffèrent également radicalement.

Quel est son rôle dans la diplomatie iranienne ?

En tant que président du Parlement, il participe activement aux processus de décision et de négociation de l'Iran, notamment dans le cadre des tensions persistantes avec les États-Unis, ce qui renforce son importance géopolitique.

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Critère de comparaisonMohammad Bagher GhalibafDonald Trump
Origine du pouvoirProduit du système militaire et politique (IRGC)Outsider issu du monde des affaires et des médias
Nature des scandalesRéseaux de clientélisme et gestion de ressources étatiquesUtilisation du capital personnel et de la marque politique
Statut judiciaireAucune condamnation pour corruption à ce jourCondamné pour falsification de documents commerciaux (New York)
Modèle économiqueDistribution de ressources publiques via des réseauxMonétisation de l'image politique (crypto, médias)