Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a échangé avec le président du SELPE, Kostas Gerardos, lors de l’assemblée générale du Syndicat des entreprises de vente au détail de Grèce. Il a mis en avant le « retail politics » et affirmé que, comme dans le commerce, aucun écart n’est reconnu une fois éloigné de la caisse. L’intervention a porté sur l’IA, les plateformes chinoises et la convergence avec la moyenne européenne, deux tiers du retard ayant déjà été comblés depuis la crise.
Le « retail politics » au centre des échanges
Devant les membres du SELPE, Kyriakos Mitsotakis a insisté sur l’importance du contact humain direct, même à l’ère de l’intelligence artificielle. Il a comparé la relation de confiance que les commerçants doivent entretenir avec leurs clients à celle que les responsables politiques doivent maintenir avec les citoyens. Selon lui, ni l’un ni l’autre ne peut se passer de cette proximité. Le Premier ministre a repris une image forte : après avoir quitté la caisse, aucun tort n’est plus reconnu. Cette formule, appliquée au commerce comme à la politique, souligne la nécessité d’une exécution sans faille au moment de l’interaction. Il a ajouté que commerçants et responsables politiques luttent pour gagner et conserver la confiance, des clients dans un cas, des citoyens dans l’autre, et a noté que le commerce pratique des remises là où la politique ne le fait pas. Il a reçu la réponse du président du SELPE Kostas Gerardos indiquant que le secteur commercial pratique désormais des remises de manière marginale. Cette analogie met en lumière les exigences d’immédiateté et de précision dans les deux domaines.
Le rôle institutionnel du SELPE reconnu
Mitsotakis a salué le SELPE comme interlocuteur institutionnel tant du gouvernement que de l’opposition. Le dialogue substantiel est présenté comme condition essentielle à la résolution des problèmes et à l’élaboration de politiques efficaces. Il a rappelé que le soutien à l’entrepreneuriat constitue une priorité centrale depuis 2019, via des interventions sur la fiscalité, les cotisations patronales et le cadre institutionnel. L’État ne doit pas être un adversaire des entreprises mais un facilitateur du développement. Le syndicat est ainsi vu comme un partenaire indispensable pour traduire les besoins du terrain en mesures concrètes.
Objectif de convergence économique
Le chef du gouvernement a réaffirmé que l’augmentation du revenu disponible et la convergence rapide avec la moyenne européenne restent les objectifs centraux. La Grèce a déjà parcouru environ les deux tiers de la distance qui la séparait de l’Europe après la crise, tout en maintenant une stabilité économique et une croissance durable sans risques budgétaires. Cette progression doit se traduire par des bénéfices concrets pour les citoyens et les travailleurs. Les annonces de la Foire internationale de Thessalonique ont été rappelées dans ce cadre. La stabilité acquise permet désormais d’envisager des avancées supplémentaires sans compromettre l’équilibre des finances publiques.
L’intelligence artificielle comme outil, pas comme substitut
Mitsotakis a reconnu les inquiétudes liées à d’éventuelles pertes d’emplois dans le commerce physique. Il a néanmoins estimé que l’IA doit servir à renforcer la productivité plutôt qu’à remplacer le facteur humain. Des exemples concrets ont été cités : gov.gr, la santé et la protection civile. Les résultats de l’intégration de cette technologie dans les services publics numériques deviendront bientôt visibles. L’éducation des fonctionnaires et le rôle central des données comme richesse de l’ère numérique ont été soulignés. Des questions pratiques et philosophiques soulevées par l’IA appellent une gestion anticipée afin d’éviter des tensions sociales. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de former les agents publics pour que cette transition se fasse sans heurts.
Déséquilibres du commerce mondial et plateformes chinoises
Le Premier ministre a évoqué les déséquilibres créés par les plateformes chinoises d’e-commerce qui déversent un volume important de produits sur les marchés internationaux. L’Europe étudie des mesures visant à garantir des conditions de concurrence équitables, sans exclure des taxes ou droits de douane supplémentaires. Ce sujet pourrait être abordé pendant la présidence grecque de l’Union européenne. Les consommateurs conservent le droit de rechercher les produits les moins chers, a-t-il précisé. Dans le secteur automobile, la concurrence chinoise incite l’Union à un durcissement raisonné des règles afin de laisser aux entreprises européennes un temps d’adaptation. La concurrence contribue à la maîtrise des prix, mais les marges d’intervention directe sur les coûts d’achat restent limitées ; des règles claires, des contrôles et des sanctions sont nécessaires.
Transactions électroniques et règles du marché
L’essor des paiements électroniques a été qualifié d’une des avancées majeures des dernières années. Il contribue à l’augmentation des recettes publiques et à la réduction progressive de l’usage des espèces. Mitsotakis a insisté sur le rôle de la concurrence dans la maîtrise des prix et sur la nécessité de règles claires, de contrôles et de sanctions lorsque cela est requis. Ces évolutions renforcent la transparence et limitent les pratiques frauduleuses.
La politique vue comme une entreprise
Le Premier ministre a répondu aux critiques qui le présentent comme un PDG en déclarant ne pas considérer cette approche négativement. La politique doit s’inspirer des principes du commerce de détail : écouter, respecter le citoyen, ne pas le tenir pour acquis et s’adapter rapidement aux changements. « Nous ne sommes pas irremplaçables par nature », a-t-il affirmé, soulignant que le succès exige rapidité, adaptabilité et capacité à décider même sans toutes les données disponibles. Cette posture implique une écoute permanente des signaux du marché politique et économique.
FAQ : questions fréquentes
Qu’est-ce que le « retail politics » selon Mitsotakis ?
Il s’agit de l’application des principes du commerce de détail à la politique : contact direct, construction et maintien de la confiance, sans substitut possible à la relation humaine.
Quelle est la position de la Grèce sur les plateformes chinoises ?
Le gouvernement grec soutient l’examen de mesures européennes pour rétablir des conditions de concurrence équitables, y compris des droits de douane, tout en reconnaissant le droit des consommateurs à chercher les prix les plus bas.
L’IA va-t-elle supprimer des emplois dans le commerce ?
Mitsotakis estime que l’IA doit être un outil d’amélioration de la productivité et non un substitut au facteur humain ; des formations et une intégration progressive sont prévues dans les services publics.
Où en est la convergence économique grecque ?
Environ deux tiers de l’écart avec la moyenne européenne ont été comblés depuis la crise, avec une croissance durable et sans risques budgétaires.
Quel rôle le SELPE joue-t-il selon le Premier ministre ?
Le SELPE est reconnu comme partenaire institutionnel essentiel pour le dialogue entre gouvernement, opposition et secteur du commerce de détail.
