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Économie

Insécurité mobilité : 17 millions de Français renoncent à la voiture

Insécurité mobilité : 17 millions de Français renoncent à la voiture

Près de 17 millions d’adultes français, soit 31 % de la population, se trouvent en situation d’insécurité mobilité en septembre 2026. L’enquête Ipsos BVA pour Wimoov montre que les prix élevés du diesel et de l’essence contraignent de nombreux ménages à renoncer à des déplacements en voiture particulière, notamment les trajets de loisirs. La consommation de carburants routiers a baissé de 5 % sur les huit premiers mois de l’année.

Quelle est l’ampleur de l’insécurité mobilité en France ?

Une enquête Ipsos BVA menée auprès de 13 400 personnes en France métropolitaine et en Corse établit que 17 millions d’adultes de plus de 18 ans ne peuvent plus se déplacer librement pour des raisons financières. Ce chiffre représente 31 % de la population adulte. Les personnes concernées renoncent à des trajets qu’elles effectuaient auparavant, en particulier les déplacements de loisirs. Les comparaisons avec les enquêtes antérieures montrent une progression constante : 13,3 millions de personnes touchées en 2022 et 15 millions en 2024. Cette détérioration s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sur les marchés pétroliers depuis la fin février 2026. Les ménages limitent les trajets de loisirs mais aussi certaines déplacements professionnels quand le budget le permet. L’étude indique par ailleurs que six Français sur dix annulent purement et simplement des déplacements qu’ils auraient effectués en temps normal, confirmant que la contrainte budgétaire touche désormais une part importante des habitudes de mobilité quotidienne et occasionnelle.

Comment ont évolué les prix des carburants en 2026 ?

Le prix moyen du gazole a franchi les 2,37 euros par litre le 18 septembre 2026, se rapprochant du record de 2,38 euros enregistré en avril. L’essence sans plomb 95 oscille autour de 2,16 euros par litre depuis dix jours. Ces niveaux dépassent les sommets atteints après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Le diesel reste traditionnellement plus cher que l’essence en France pour des raisons environnementales et de coût d’entretien des moteurs. Le carburant est considéré comme un bien inélastique dont les besoins restent forts, mais les hausses prolongées finissent par faire céder cette rigidité et poussent les consommateurs à supprimer des déplacements. La hausse observée depuis le début du conflit au Moyen-Orient a rendu visible cette élasticité nouvelle : les ménages arbitrent entre trajets indispensables et trajets facultatifs, ce qui se traduit directement par une réduction mesurable des volumes livrés.

Pourquoi la consommation de carburants diminue-t-elle ?

Les livraisons de carburants routiers ont reculé de 6,6 % en août 2026 par rapport à août 2025, pour atteindre 3,579 millions de mètres cubes. Sur les huit premiers mois de l’année, la baisse atteint 5 % selon l’Union française des industries pétrolières. La chute porte principalement sur le gazole (-7,6 %), tandis que les livraisons d’essence restent stables. Cette réduction non planifiée rapproche la France de l’objectif gouvernemental de baisse annuelle de 6 % de la consommation d’hydrocarbures. Le président de l’UFIP Energies et Mobilités, Philippe Caba, qualifie cette chute de « sans précédent » et note qu’elle résulte des hausses de prix géopolitiques plutôt que d’une politique coordonnée d’économies d’énergie. Historiquement, chaque crise pétrolière depuis 1973 a provoqué une baisse durable de la demande, même si celle-ci finit par repartir avec la croissance démographique et économique. La baisse actuelle se distingue par son ampleur rapide et par le fait qu’elle touche surtout le diesel, carburant majoritaire des véhicules utilitaires et des flottes professionnelles.

Quelles réactions observent-on chez les professionnels et les pouvoirs publics ?

Des pêcheurs bloquent des dépôts de carburant à Frontignan, Sète et Nice. Les chauffeurs de taxi préparent des manifestations en évoquant le mouvement des gilets jaunes de 2018. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 17 septembre la prolongation jusqu’au 31 décembre de l’aide ciblée aux consommateurs. Le président Emmanuel Macron a réuni le 19 septembre les représentants des partis politiques pour examiner des solutions communes. Les professionnels qui utilisent des véhicules pour leur activité s’organisent au niveau sectoriel pour protester, tandis que les particuliers réagissent pour l’instant en réduisant simplement leurs trajets. Ces actions sectorielles rappellent que la contrainte de prix ne se limite pas aux ménages : elle touche directement les professions dont l’outil de travail dépend du gazole, amplifiant la visibilité politique du sujet.

Quel est le lien avec les tensions géopolitiques ?

Les hausses de prix interviennent dans un contexte de fortes tensions sur les marchés pétroliers depuis la fin février 2026 et le début du conflit au Moyen-Orient. Le président de l’UFIP Energies et Mobilités, Philippe Caba, souligne que cette baisse de consommation résulte des hausses de prix et non d’une politique coordonnée d’économies d’énergie. Chaque crise pétrolière historique a également été l’occasion de progrès technologiques sur les moteurs, rendant les véhicules actuels bien plus efficaces et moins polluants que ceux des années 1970, même si le nombre de voitures a fortement augmenté. La situation actuelle illustre à nouveau ce mécanisme : la réduction de la demande n’est pas le fruit d’une transition planifiée mais d’un choc de prix extérieur, tout en produisant un effet de bord positif sur les objectifs d’économie d’énergie fixés par l’État.

FAQ : Français abandonnent voitures carburants chers

Combien de Français sont concernés par l’insécurité mobilité ?

17 millions d’adultes, soit 31 % de la population adulte, selon l’enquête Ipsos BVA de septembre 2026.

Quel est le prix actuel du diesel en France ?

Le prix moyen du gazole a dépassé 2,37 euros par litre le 18 septembre 2026, proche du record de 2,38 euros d’avril 2026.

La consommation de carburants a-t-elle baissé ?

Oui, les livraisons ont diminué de 6,6 % en août et de 5 % sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à 2025.

Quelles professions manifestent contre les prix ?

Les pêcheurs bloquent des dépôts et les chauffeurs de taxi préparent des actions en référence au mouvement des gilets jaunes.

Le gouvernement a-t-il prolongé les aides ?

Le Premier ministre a annoncé le 17 septembre la prolongation de l’aide ciblée aux consommateurs jusqu’au 31 décembre 2026.