Découvrez les dernières nouvelles de Grèce : politique, économie, culture, sports, santé, science, voyage et plus sur Actualités en Grèce.
Économie

Hiver 2026 : les Européens coupent même les dépenses santé face à la hausse de l’énergie

Hiver 2026 : les Européens coupent même les dépenses santé face à la hausse de l’énergie

La remontée des prix du gaz et des carburants place l’Europe face à un hiver 2026 difficile. En Grèce, 31 % des habitants déclarent une forte inquiétude et 53 % une inquiétude modérée face aux dépenses de carburant, soit plus de huit personnes sur dix concernées selon Euronews. Dans dix pays européens sondés par Ipsos et Secours populaire français, 29 % des répondants se disent en situation économique précaire et 73 % craignent de ne pouvoir payer leurs factures. Plus d’un tiers des Européens ont déjà réduit les dépenses alimentaires ou médicales. Cet article détaille les hausses de prix, les niveaux de stockage et les arbitrages opérés par les ménages.

Pourquoi les prix du gaz ont-ils fortement augmenté cet été ?

Les tensions au Moyen-Orient ont perturbé les approvisionnements mondiaux. L’Iran a commencé à cibler des navires dans le golfe Persique et a restreint le passage par le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz mondial selon le Guardian. En conséquence, le prix de gros du gaz en Grande-Bretagne a atteint 205 pence par therme cette semaine, soit le plus haut niveau depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 et une hausse de 101 % par rapport aux 102 pence de juin. Fin février, le même indice se situait à 78 pence. La Grande-Bretagne importe environ 70 % du gaz qu’elle consomme, ce qui la rend particulièrement vulnérable. Ces hausses s’ajoutent à l’impact cumulé du conflit en Ukraine et des nouvelles perturbations dans le détroit d’Ormuz, rendant la reconstitution des stocks plus coûteuse pendant l’été. Le baril de Brent a dépassé les 100 dollars le 9 septembre et est resté élevé le lendemain. La combinaison des deux conflits rend la situation plus tendue qu’en 2022 pour les importateurs européens. La Grèce, particulièrement dépendante des importations, subit de plein fouet ces variations.

Comment se présentent les réserves européennes à l’approche de l’hiver ?

Les stocks de gaz sont au plus bas depuis plus de dix ans. Les installations de stockage sont remplies à environ 67 % contre une moyenne saisonnelle proche de 80 %. L’Allemagne, qui dispose de la plus grande capacité de stockage du continent, n’atteint que 50 % et ne devrait pas atteindre l’objectif officiel de 70 % cette année. Les Pays-Bas devraient également manquer leur cible de 80 %. La Grande-Bretagne, qui importe environ 70 % du gaz qu’elle consomme, reste particulièrement exposée en raison de ses faibles capacités nationales de stockage. L’Europe arrive donc dans la saison froide avec des marges de manœuvre réduites, sans avoir pu profiter pleinement des prix plus bas de l’été pour remplir les réserves. Les perturbations estivales ont empêché les rechargements habituels et laissent les pays avec des marges plus faibles pour l’hiver. Aucune marge supplémentaire n’a pu être constituée malgré les importations de GNL en provenance des États-Unis et du Moyen-Orient.

Quelles sont les coupes budgétaires les plus fréquentes chez les Européens ?

Plus d’un tiers des personnes interrogées ont réduit des dépenses importantes, notamment l’alimentation et les soins de santé, pour faire face aux factures d’énergie. Les habitants de Moldavie et de Grèce effectuent ces arbitrages jusqu’à trois fois plus souvent que les Allemands ou les Britanniques. Les premiers postes sacrifiés sont les vacances, suivis des déplacements pour rendre visite à la famille. Trois Européens sur dix ont renoncé à utiliser leur voiture pour se rendre au travail, même si cela allonge considérablement leur temps de trajet. Par ailleurs, 23 % des sondés ont déjà annulé des rendez-vous médicaux en raison de la hausse des coûts. Ces choix traduisent une pression qui touche directement la santé et la mobilité quotidienne. La précarité énergétique devient un trait durable des conditions de vie pour une partie croissante de la population. Les pays du sud de l’Europe, où les salaires moyens sont plus faibles, subissent ces arbitrages de manière plus fréquente.

Quelles mesures concrètes les ménages adoptent-ils pour réduire leurs factures ?

Près de sept personnes sur dix ont mis en œuvre au moins une mesure d’économie d’énergie, et un peu plus de cinq sur dix en ont appliqué plusieurs. Les Français et les Grecs sont les plus enclins à fermer le chauffage dans certaines pièces. Les Moldaves limitent l’usage de certains appareils électriques. Ces comportements traduisent une adaptation structurelle à une situation de précarité énergétique durable. Près de 29 % des Européens interrogés se déclarent déjà en situation économique précaire, et 73 % expriment la crainte de ne pas pouvoir faire face aux factures à venir. Les mesures vont du simple arrêt de certains appareils jusqu’à des restrictions plus sévères sur le chauffage et l’eau chaude. Les résultats montrent que ces comportements se répandent au-delà des seuls foyers à bas revenus.

Quels pays européens expriment la plus forte inquiétude ?

Les Grecs, les Italiens et les Portugais sont les plus préoccupés par le coût des carburants. Au Portugal, les prix de l’essence et du gazole ont atteint des records historiques le 7 septembre, la plus forte hausse depuis quatre ans et le prix du diesel le plus élevé jamais enregistré. Ces hausses interviennent alors que le baril de Brent a dépassé les 100 dollars le 9 septembre. En Grèce, le cumul des inquiétudes fortes et modérées atteint 84 %, un niveau qui place le pays parmi les plus exposés de l’enquête. Les trois pays du sud de l’Europe montrent une sensibilité plus élevée que les pays du nord et de l’est dans le panel de dix nations sondées. La Grèce affiche ainsi le taux combiné d’inquiétude le plus élevé du panel.

FAQ : questions fréquentes sur la crise énergétique européenne

Combien de Grecs s’inquiètent du coût des carburants ?

84 % des Grecs déclarent une inquiétude, dont 31 % une forte inquiétude et 53 % une inquiétude modérée mais gérable, selon les données Euronews.

Quel est le niveau actuel des réserves de gaz en Europe ?

Les stocks sont remplis à 67 % en moyenne, contre 80 % habituellement à cette période de l’année.

Les Européens renoncent-ils vraiment à des soins médicaux ?

Oui, 23 % des personnes interrogées ont déjà sauté des rendez-vous médicaux pour limiter leurs dépenses.

Quels pays stockent le moins de gaz ?

L’Allemagne est à environ 50 % et les Pays-Bas devraient manquer leur objectif de 80 %.

La situation est-elle comparable à 2022 ?

Les prix du gaz britannique ont retrouvé des niveaux proches de ceux observés après l’invasion de l’Ukraine, mais les stocks sont encore plus bas qu’à l’époque.