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Économie

Exode des ultra-riches britanniques vers Athènes : la fiscalité et l’instabilité poussent les fortunes à quitter le Royaume-Uni

Exode des ultra-riches britanniques vers Athènes : la fiscalité et l’instabilité poussent les fortunes à quitter le Royaume-Uni

La fin du régime non-dom, la hausse des impôts sur les successions et l’instabilité budgétaire expliquent ce mouvement. Selon les données HMRC, le nombre de non-résidents a baissé de 0,5 % à 73 400 personnes en 2024-25. Cet article détaille les mesures fiscales en cause, les réactions des concernés et les alternatives offertes par Athènes.

Pourquoi les ultra-riches britanniques choisissent-ils la Grèce ?

Le fondateur du hedge fund Rokos Capital Management, Chris Rokos, a transféré sa résidence fiscale en Grèce. Cette décision, révélée quelques jours avant le budget du gouvernement travailliste, a amplifié les craintes d’un exode des grandes fortunes. Les Financial Times rapportent que les hausses d’impôts et l’instabilité politique poussent de nombreux millionnaires à reconsidérer leur présence au Royaume-Uni.

Le ministre des Finances, John Healey, a annoncé un budget sévère. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a souligné des risques inflationnistes à la hausse. Les chefs d’entreprise interrogés estiment que de nouvelles augmentations fiscales sont inévitables. Dans les salons des ultra-riches, la conversation porte sur la sortie du pays de fortunes comme Rokos. Les entrepreneurs soulignent que les montants ne s’additionnent plus et que toute modification fiscale crée une incertitude sur les mesures suivantes. La crainte d’un impôt inattendu sur les banques renforce ce sentiment d’instabilité. Un banquier américain a déclaré que le Royaume-Uni est la juridiction la plus taxée parmi celles où il opère et qu’une taxe supplémentaire sur les banques réduirait les emplois dans la finance.

Comment la fiscalité britannique a-t-elle évolué depuis dix ans ?

Les modifications ont commencé sous le chancelier conservateur George Osborne avec la remise en cause du régime des non-doms. Ce régime a été supprimé en mars 2024 par Jeremy Hunt. Rachel Reeves a ensuite durci les règles. Au cours des deux dernières années, les taux ont augmenté sur les successions, les fonds de pension, les gains en capital et les cotisations sociales patronales. John Healey n’a pas écarté une taxe exceptionnelle sur les banques. Les conseillers fiscaux de BDO indiquent que leurs clients ne peuvent plus planifier à long terme en raison de ces changements successifs. Elsa Littlewood, associée chez BDO, rapporte que les clients disent ne plus pouvoir faire de planification à long terme à cause des nombreuses modifications. Les clients expriment le besoin de certitude et de stabilité que ces réformes successives leur enlèvent. Les modifications ont touché les contributions d’assurance nationale des employeurs, les plus-values et les fonds de pension, créant un sentiment de pression continue sur les patrimoines importants.

Quel est l’impact de l’impôt sur les successions ?

L’impôt sur les successions s’élève à 40 % au-delà d’un certain seuil. Depuis l’époque de Rachel Reeves, les actifs étrangers ne sont plus protégés. Un dirigeant de private equity estime que la suppression de cet impôt sur les biens situés à l’étranger serait la seule mesure susceptible de ramener les exilés. Depuis 2026, les actifs professionnels supérieurs à un million de livres sont taxés à 20 %. Chris Groves, du cabinet Withers, considère que cette charge peut menacer la survie d’entreprises familiales qui doivent soudainement trouver des liquidités. Il ajoute que l’idée que les descendants d’un entrepreneur puissent être contraints d’abandonner l’œuvre de leur vie à cause d’un changement fiscal est jugée insupportable par certains. Ils préfèrent s’installer dans un pays qui souhaite voir leurs entreprises se développer. Groves note que cette situation peut être existentielle pour une entreprise familiale soudainement obligée de mobiliser 20 % de sa valeur en liquidités.

Quelles alternatives fiscales proposent la Grèce et l’Italie ?

La Grèce et l’Italie ont mis en place des régimes à taux forfaitaire attractifs. Ces dispositifs permettent aux nouveaux résidents de bénéficier d’une imposition limitée sur les revenus et gains étrangers pendant plusieurs années. Des conseillers suggèrent d’étendre la période d’exonération britannique à dix ans ou d’instaurer un flat tax similaire pour retenir les hauts revenus. Les banquiers privés interrogés par les FT soulignent que Londres reste la juridiction la plus taxée parmi celles où ils opèrent. Un responsable américain estime qu’une taxe bancaire supplémentaire réduirait les emplois dans la finance. La Grèce et l’Italie exploitent ces erreurs britanniques en proposant des cadres prévisibles dans des villes cosmopolites comme Athènes ou Milan. Chris Groves observe que la « fiscal exile » a changé : on peut désormais vivre à Milan ou Athènes, villes cosmopolites et centres mondiaux, tout en maintenant des activités internationales.

Quelle est l’ampleur réelle des départs ?

Les statistiques officielles de HM Revenue & Customs font état d’une baisse limitée de 0,5 %, soit 400 personnes, pour atteindre 73 400 non-doms en 2024-25. Les entretiens menés auprès de banques privées et de gestionnaires de fortune suggèrent que les chiffres réels sont plus élevés. Les professionnels du secteur observent que la « fuite fiscale » a changé de nature : les intéressés s’installent désormais dans des villes cosmopolites comme Athènes ou Milan tout en conservant des activités internationales. La mesure du phénomène reste difficile car les données officielles ne capturent pas l’ensemble des mouvements de fortune. Les entretiens avec des gestionnaires de patrimoine indiquent que les départs réels dépassent largement les statistiques publiées.

FAQ : questions fréquentes sur l’exode des fortunes britanniques

Combien de non-doms ont quitté le Royaume-Uni en 2024-25 ?

Les données HMRC indiquent une réduction de 400 personnes, soit 0,5 %, pour un total de 73 400 non-doms.

Quel impôt pousse le plus les millionnaires à partir ?

L’impôt sur les successions à 40 %, désormais appliqué aux actifs étrangers, est cité comme le facteur principal par les personnes concernées.

La Grèce propose-t-elle un régime fiscal plus avantageux ?

Oui. La Grèce offre un taux forfaitaire sur les revenus et gains étrangers pour les nouveaux résidents, similaire au dispositif italien.

Les entreprises familiales sont-elles touchées ?

Les actifs professionnels supérieurs à un million de livres sont désormais soumis à 20 % d’impôt sur les successions, ce qui peut menacer la continuité des sociétés familiales.

Le gouvernement britannique envisage-t-il un flat tax ?

Des conseillers proposent cette mesure, mais le chancelier John Healey n’a pas retenu cette option pour l’instant.