Ce câble pourrait atteindre 18 500 kilomètres et relier la Thaïlande, le Vietnam, la Malaisie, Singapour, l’Indonésie et les Philippines aux États-Unis. Le tracé évitera la mer de Chine méridionale. L’initiative vise à accroître la résilience des réseaux internationaux et à soutenir les secteurs du cloud et de l’intelligence artificielle dans la région. Cet article examine les caractéristiques techniques, le contexte géopolitique et les perspectives de déploiement.
Pourquoi les États-Unis investissent-ils dans ce câble sous-marin ?
Le projet THUS répond à la volonté de Washington de consolider sa présence dans l’installation des câbles sous-marins, qui transportent près de 100 % du trafic internet international. Selon le texte de l’annonce, le câble renforcera la résilience et la diversification des réseaux, tout en soutenant le développement des centres de données, du cloud et de l’intelligence artificielle en Thaïlande. Le colonel Sanpachai Huvanandana, président de National Telecom Public Company, a souligné que le système élargira l’accès à une connectivité abordable. Les États-Unis font face à la concurrence chinoise dans ce domaine stratégique. Les revendications de Pékin en mer de Chine méridionale compliquent les projets de câbles. Le tracé envisagé pour THUS contourne cette zone afin de réduire les risques de perturbations. L’USTDA a également annoncé des projets parallèles dans la région, comme l’extension des installations portuaires à Subic Bay aux Philippines et la création d’un réseau Wi-Fi public national, afin de réduire les coûts énergétiques et d’attirer les entreprises dans une zone perçue comme un contrepoids à l’influence chinoise sur les chaînes d’approvisionnement. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à diversifier les infrastructures numériques critiques face aux tensions géopolitiques. L’agence développe également des projets de gaz naturel liquéfié et d’énergie nucléaire pour rendre l’électricité moins onéreuse et séduire les investisseurs éloignés de l’orbite chinoise.
Quelles sont les caractéristiques techniques du projet THUS ?
Le câble pourrait mesurer jusqu’à 18 500 kilomètres. Il reliera six pays d’Asie du Sud-Est aux États-Unis. Aucune estimation de coût n’a été communiquée par l’USTDA pour ce projet spécifique. D’autres analyses indiquent que les dépenses totales pour de nouveaux câbles sous-marins devraient dépasser 14 milliards de dollars entre 2025 et 2027. Selon le International Institute for Strategic Studies, près de 24 câbles internationaux devraient être construits dans le Pacifique entre 2022 et 2030. Le fonds TeleGeography recense actuellement 602 câbles opérationnels dans le monde et 93 en construction, pour une longueur totale de 1,9 million de kilomètres. Ces chiffres illustrent l’ampleur de l’infrastructure existante et la dynamique de construction attendue dans la région Indo-Pacifique. Le système THUS s’ajoute à cet effort global sans que le coût précis du projet ait été rendu public. Le fond marin du Pacifique est déjà qualifié de « champ de câbles » en raison de la densité des installations prévues.
Quel rôle joue la Thaïlande dans ce projet ?
La Thaïlande figure au centre du projet THUS. Le pays souhaite développer ses infrastructures numériques et attirer les investissements dans les centres de données et le cloud. La déclaration du président de National Telecom Public Company met en avant l’impact attendu sur la connectivité régionale et l’accès à des services numériques plus abordables. Washington soutient parallèlement d’autres initiatives en Asie du Sud-Est, notamment l’extension des installations portuaires à Subic Bay aux Philippines et la création d’un réseau Wi-Fi public national. Des projets liés au gaz naturel liquéfié et à l’énergie nucléaire sont également prévus pour réduire les coûts énergétiques et attirer les entreprises. La Thaïlande bénéficie ainsi d’un soutien direct pour renforcer ses capacités en matière de centres de données et d’intelligence artificielle tout en participant à la diversification des routes de câbles. Le colonel Sanpachai Huvanandana a explicitement lié le projet à la croissance des secteurs du cloud et de l’IA dans son pays.
Comment évolue le marché mondial des câbles sous-marins ?
Le nombre de câbles sous-marins continue d’augmenter rapidement. Les 602 câbles opérationnels et les 93 en construction représentent une infrastructure mondiale de 1,9 million de kilomètres. Si ces câbles étaient alignés, ils pourraient faire 47 fois le tour de la Terre à l’équateur, relier la planète à la Lune cinq fois ou atteindre le télescope spatial James Webb. La région Indo-Pacifique concentre une part croissante des nouveaux projets en raison du développement des économies numériques. Les tensions géopolitiques autour des routes maritimes stratégiques incitent les États-Unis et leurs partenaires à diversifier les itinéraires. Le fond marin du Pacifique est déjà décrit comme un « champ de câbles » en raison de la densité des installations existantes et à venir. Ces données soulignent l’ampleur des investissements nécessaires pour maintenir la connectivité mondiale tout en répondant aux défis de sécurité liés aux revendications chinoises.
Questions fréquentes
Quelle est la longueur maximale prévue pour le câble THUS ?
Le câble pourrait atteindre 18 500 kilomètres selon les premières estimations communiquées par l’USTDA.
Quels pays seront reliés par ce câble ?
Le projet prévoit des connexions entre la Thaïlande, le Vietnam, la Malaisie, Singapour, l’Indonésie, les Philippines et les États-Unis.
Pourquoi éviter la mer de Chine méridionale ?
Le tracé contourne cette zone en raison des tensions géopolitiques et des revendications chinoises que les États-Unis considèrent comme un risque potentiel pour la sécurité des infrastructures.
Quel est l’objectif principal de l’USTDA ?
L’agence cherche à renforcer la résilience des réseaux internationaux, à soutenir la croissance des secteurs du cloud et de l’intelligence artificielle et à offrir une connectivité plus abordable dans la région.
Combien de câbles sous-marins existent actuellement dans le monde ?
TeleGeography recense 602 câbles opérationnels et 93 en construction, pour un total de 1,9 million de kilomètres.
