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Éducation

Pourquoi les scores PISA des adolescents chutent-ils depuis 2010

Pourquoi les scores PISA des adolescents chutent-ils depuis 2010

Les résultats du dernier cycle PISA révèlent une baisse historique des scores en sciences, mathématiques et lecture pour les élèves de 15-16 ans dans l’ensemble de l’OCDE, y compris la Grèce. Cette tendance, amorcée avant la pandémie, s’explique par plusieurs facteurs convergents : usage de l’IA, smartphones, méthodes pédagogiques et environnement familial. L’article examine les données et les leviers qui permettent aux pays performants de limiter la dégradation.

Pourquoi les scores PISA chutent-ils depuis 2010 ?

Les données PISA publiées par l’OCDE montrent une baisse continue des performances moyennes en sciences, mathématiques et lecture depuis le début des années 2010. Les élèves testés en 2022 avaient environ dix ans lors des fermetures scolaires de 2020, mais la trajectoire négative existait déjà avant la pandémie. Plusieurs pays ont vu leurs moyennes reculer de manière significative entre 2018 et 2022, avec des baisses équivalentes à plusieurs mois de scolarité. Les mesures de confinement ont interrompu les apprentissages partout dans le monde et ont contribué à la chute brutale entre 2018 et 2022. Pourtant, en élargissant la perspective, les scores PISA dans l’ensemble de l’OCDE baissent depuis le début des années 2010, ce qui indique des facteurs sous-jacents plus larges. Les explications simplistes risquent de masquer à la fois le problème et les solutions possibles, soulignent les Financial Times. La pandémie a amplifié une tendance déjà visible, mais les causes structurelles remontent plus loin et concernent l’ensemble des pays développés. En Grèce comme ailleurs, les performances en sciences, maths et lecture ont atteint des niveaux historiquement bas, confirmant que le phénomène touche toutes les économies avancées.

Quel rôle joue l’intelligence artificielle dans les résultats scolaires ?

L’usage quotidien des chatbots pour rédiger des résumés ou des textes est associé à des scores inférieurs d’environ une année scolaire. Les élèves qui utilisent l’IA comme outil de soutien plutôt que comme substitut obtiennent en revanche de meilleurs résultats. Les établissements qui enseignent explicitement les compétences de manipulation de l’IA enregistrent également des performances supérieures à la moyenne. La délégation de tâches cognitives à l’IA peut entraîner une atrophie des compétences de traitement de l’information, mais tout dépend de la manière dont la technologie est utilisée. Les élèves qui ont l’occasion de développer des compétences en IA à l’école obtiennent aussi de meilleurs résultats. L’IA constitue un phénomène récent, et le début de la baisse des scores coïncide avec la diffusion des smartphones. Dans les pays où l’usage de l’IA reste supérieur à la moyenne de l’OCDE, comme l’Estonie et Singapour, les résultats restent élevés lorsque cette technologie complète l’enseignement traditionnel plutôt que de le remplacer. L’IA n’est donc ni systématiquement bénéfique ni systématiquement nuisible ; son impact dépend du contexte d’utilisation et de l’accompagnement scolaire. Les données montrent que les élèves qui s’en servent pour synthétiser des idées plutôt que pour générer des textes entiers conservent une meilleure maîtrise des compétences fondamentales.

Les smartphones expliquent-ils la perte de concentration ?

La diffusion massive des smartphones chez les adolescents coïncide avec le début de la baisse des scores. Ces appareils augmentent la charge cognitive et fragmentent l’attention. Les pays ou établissements qui ont mis en place des règles claires sur l’usage des téléphones constatent des taux de distraction plus faibles et des résultats légèrement meilleurs, selon les données PISA. De nombreux dirigeants de la Silicon Valley limitent eux-mêmes le temps d’écran de leurs enfants. Certaines nations ont toutefois évité des baisses notables malgré la pandémie et les changements technologiques, ce qui a conduit à des explications fondées sur les politiques éducatives. Les appareils numériques absorbent une partie de la capacité mentale disponible et réduisent le temps consacré à la concentration soutenue nécessaire aux apprentissages fondamentaux. Les restrictions ou lignes directrices mises en place dans certains établissements montrent que des limites claires peuvent atténuer ces effets sans supprimer les bénéfices potentiels de la technologie. Les directeurs d’établissement signalent une diminution mesurable des interruptions lorsque les téléphones sont rangés pendant les cours.

Les méthodes pédagogiques traditionnelles sont-elles plus efficaces ?

Les pays qui ont maintenu un accent fort sur les connaissances de base, comme l’Angleterre, l’Estonie et plusieurs économies d’Asie de l’Est, ont mieux résisté à la baisse. À l’inverse, la Finlande, longtemps citée pour ses approches innovantes, a enregistré la plus forte chute parmi les pays riches depuis 2006. Les systèmes qui privilégient la répétition et la maîtrise des fondamentaux limitent le nombre d’élèves en dessous du seuil de compétence de base. La Suède dans les années 1990 et le « Programme d’excellence » de l’Écosse en 2010 ont également vu leurs résultats baisser après avoir réduit l’accent sur les savoirs fondamentaux. Les pays qui continuent de valoriser les matières de base ont inversé la tendance. La PISA évalue l’application des compétences à des problèmes de la vie réelle et non la simple acquisition de connaissances. Les faits constituent les éléments constitutifs de la pensée critique, et la résolution répétée de problèmes algébriques développe le raisonnement abstrait. Les approches qui minimisent l’importance des connaissances de base ont conduit à des baisses plus marquées sur le long terme dans plusieurs pays riches. L’Estonie et Singapour démontrent qu’il est possible de combiner technologies et apprentissage autonome sans sacrifier les fondamentaux.

La migration et le milieu familial influencent-ils les résultats ?

Les élèves issus de l’immigration sont plus souvent confrontés à des désavantages socio-économiques ou linguistiques. Cependant, les scores des élèves non migrants ont également baissé dans l’ensemble de l’OCDE. Certains pays à forte immigration, comme le Royaume-Uni, l’Australie ou le Canada, obtiennent de bons résultats globaux. Le niveau d’éducation des parents et leur implication dans les apprentissages restent des facteurs déterminants, indépendamment du système scolaire. La migration rapide peut peser sur les systèmes éducatifs locaux, mais elle peut aussi améliorer les performances. En moyenne, les pays comptant un plus grand pourcentage d’élèves migrants tendent à mieux performer en sciences. Dans certains pays, ces élèves surpassent ceux issus de familles non migrantes. Des études montrent que le contact avec des élèves migrants dotés d’une forte éthique de travail peut améliorer les résultats des élèves locaux. Le milieu familial, via le niveau d’études des parents et leur attitude envers l’éducation, exerce une influence durable sur les trajectoires scolaires. Les données PISA confirment que ces variables agissent en parallèle des politiques scolaires et ne peuvent être isolées comme cause unique.

Foire aux questions

La pandémie est-elle la seule cause de la baisse ?

Non. La tendance à la baisse existe depuis le début des années 2010, bien avant les fermetures de 2020.

L’IA améliore-t-elle toujours les performances ?

Non. Un usage quotidien comme substitut à la réflexion est lié à des scores plus faibles, tandis qu’un usage comme aide peut améliorer les résultats.

Les restrictions sur les téléphones sont-elles efficaces ?

Les établissements qui appliquent des règles claires rapportent en moyenne moins de distraction et des résultats légèrement supérieurs.

Les méthodes innovantes sont-elles à abandonner ?

Non. L’Estonie et Singapour combinent technologies et apprentissage autonome tout en maintenant de hauts niveaux de performance.

La migration explique-t-elle la chute nationale ?

Non. Les scores des élèves non migrants ont aussi baissé dans l’OCDE, indiquant des facteurs plus larges.