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Économie

Liste paradis fiscaux UE : le Panama et le Vietnam sortis

Liste paradis fiscaux UE : le Panama et le Vietnam sortis

Dix ans après le séisme des Panama Papers, Bruxelles ajuste sa stratégie de lutte contre l'évasion fiscale internationale. L'Union européenne a officiellement décidé de retirer deux pays de sa liste noire, le Panama et le Vietnam, marquant une étape dans sa politique de transparence financière. Cette décision intervient alors que l'institution cherche à renforcer la coopération fiscale mondiale. Toutefois, cette mise à jour ne fait pas l'unanimité au sein des instances européennes. En effet, Bruxelles doit désormais répondre aux critiques croissantes concernant l'immunité de certains de ses propres membres face à ces mêmes enjeux de régulation.

Pourquoi l’UE a-t-elle retiré le Panama et le Vietnam ?

Dans une annonce faite le vendredi 9 octobre 2026, l'Union européenne a officialisé le retrait du Panama et du Vietnam de sa liste des paradis fiscaux. Cette décision, prise par les ministres des Finances des 27 États membres lors de leur réunion à Luxembourg, repose sur une évaluation de la coopération internationale. Selon les autorités européennes, ce retrait fait suite à la prise en compte de « la progression réalisée par ces deux pays qui ont adopté des mesures en faveur de la transparence ».

Le Panama figurait sur la liste noire de l'UE depuis 2020, tandis que le Vietnam y avait été inscrit en février 2026. Pour les décideurs européens, ce changement reflète une « tendance positive de la communauté internationale en ce qui concerne la conformité aux normes internationales de bonne gouvernance fiscale ». En acceptant de modifier leur cadre réglementaire, ces deux nations ont réussi à démontrer qu'elles pouvaient s'aligner sur les exigences de transparence imposées par Bruxelles pour lutter contre les flux financiers opaques.

Quelles juridictions restent sur la liste noire de l’UE ?

Malgré le retrait de deux acteurs majeurs, la liste noire de l'UE demeure substantielle. Après le départ du Panama et du Vietnam, huit juridictions ou territoires autonomes sont toujours sous surveillance. Cette liste comprend la Russie, ainsi que plusieurs territoires d'outre-mer appartenant à des puissances majeures : les Samoa américaines dans le Pacifique Sud, l'île de Guam, l'Anguilla (territoire britannique), les Palaos, les îles Turques-et-Caïques, les îles Vierges américaines, le Vanuatu et les territoires britanniques d'outre-mer.

Les ministres des Finances de l'UE ont précisé que ces entités « ne se conforment pas aux normes fiscales internationales convenues ou ne remplissent pas leurs engagements en matière de bonne gouvernance fiscale dans les délais impartis ». La présence de la Russie et de divers territoires américains et britanniques souligne la persistance de zones de non-conformité qui échappent aux standards de transparence exigés par l'Union. L'UE procède à cet examen et à cette révision de la liste deux fois par an, assurant un suivi régulier de la situation de ces juridictions.

Quelles sanctions l’UE peut-elle appliquer ?

La liste noire n'est pas qu'un simple outil de signalement ; elle est assortie de mécanismes de pression concrets. L'Union européenne a le pouvoir d'imposer des sanctions contre les pays ou les entités qui figurent sur cette liste. Ces mesures visent à décourager les pratiques de facilitation de l'évasion fiscale par les multinationales et les individus fortunés, ainsi que le blanchiment d'argent issu d'activités criminelles.

Les sanctions prévues incluent généralement le gel des capitaux européens et, de manière plus large, des restrictions sur les transactions financières avec les pays concernés. L'objectif est de créer un environnement où le coût de l'opacité fiscale devient prohibitif. Depuis la décision de décembre 2017 de créer cette liste de pays et d'entités territoriales autonomes facilitant l'évasion, Bruxelles utilise ces leviers pour répondre aux scandales de type « Panama Papers » et « LuxLeaks », qui ont révélé l'ampleur des mécanismes de fraude à l'échelle mondiale.

Quelles critiques sont adressées aux critères de l’UE ?

La méthodologie de l'UE fait l'objet de débats intenses et de contestations systématiques de la part d'organisations politiques et sociales. Une critique récurrente concerne l'exclusion systématique des propres États membres de l'Union de ces évaluations de risque. De nombreux eurodéputés, issus de toutes les sensibilités politiques, ainsi que des figures comme l'eurodéputé allemand conservateur Markus Ferber (PPE/CSU), dénoncent des critères qu'ils jugent « inappropriés ».

L'organisation non gouvernementale Oxfam, dont la mission est la lutte contre la pauvreté, figure parmi les critiques constants de cette « liste noire ». Le reproche principal est que les ministres de l'UE évitent de cibler les pratiques de « facilités fiscales flagrantes » offertes par certains États membres. L'exemple des LuxLeaks, qui ont révélé les avantages fiscaux accordés par le Luxembourg, est souvent cité pour illustrer cette double mesure. Les critiques estiment que l'UE est trop clémente envers ses membres tout en étant sévère avec les pays tiers.

Pourquoi la Suisse et le Delaware ne figurent-ils pas sur la liste ?

L'absence de certaines juridictions très critiquées de la liste européenne soulève des questions sur la portée de l'outil. L'Institut Français d'Économie (IFE) a notamment relevé que la Suisse n'est pas incluse dans les listes de l'UE, malgré sa réputation historique. De même, l'État américain du Delaware est souvent cité par diverses études comme l'un des principaux paradis fiscaux au monde, mais il échappe totalement au radar de Bruxelles.

L'UE répond à ces critiques par une distinction fondamentale : la liste est conçue pour identifier les « menaces extérieures » en matière d'évasion fiscale et de blanchiment. Concernant les États membres, l'Union soutient qu'ils ne sont pas inclus car « des mesures sont déjà appliquées par les gouvernements nationaux pour compenser les problèmes découlant d'une fiscalité excessivement souple ». Cependant, cette justification est contestée par des médias comme Le Figaro, qui souligne que des pays comme l'Irlande, le Luxembourg, Malte et les Pays-Bas offrent des traitements fiscaux extrêmement favorables aux entreprises. L'IFE ajoute également Chypre et la Belgique — siège de l'UE — à la liste des États membres favorisant les « optimisations fiscales ».

Questions fréquentes

Combien de fois par an l’UE met-elle à jour sa liste ?

L'Union européenne révise et met à jour sa liste des paradis fiscaux deux fois par an, permettant ainsi un suivi régulier de la conformité des pays tiers.

Le Panama et le Vietnam peuvent-ils y revenir ?

Oui. La décision actuelle repose sur les progrès réalisés en matière de transparence. Si ces pays venaient à cesser de respecter les normes internationales de gouvernance fiscale, ils pourraient être réintégrés lors d'une révision ultérieure.

Les sanctions sont-elles automatiques ?

Non. Bien que la présence sur la liste facilite l'application de mesures, les ministres des Finances décident des sanctions spécifiques, telles que le gel des fonds ou les restrictions de transactions, selon la situation.

Les États membres sont-ils évalués par la même procédure ?

Non. Les États membres de l'UE sont exclus de cette liste noire spécifique. Bruxelles justifie cela en affirmant que les gouvernements nationaux mettent déjà en œuvre des mesures correctives internes pour réguler leur fiscalité.

Quelle est la base juridique de la liste ?

La liste a été établie par décision de l'UE en décembre 2017, en réaction aux scandales financiers mondiaux comme les Panama Papers, afin de lutter contre l'évasion fiscale et le blanchiment.

Points clés

Conclusion

La mise à jour d'octobre 2026 témoigne d'une volonté de l'Union européenne de récompenser les efforts de transparence, comme l'illustre le cas du Panama et du Vietnam. Toutefois, cette révision ne fait pas taire les polémiques. Entre l'exclusion des États membres de l'UE et l'absence de certaines juridictions majeures comme la Suisse ou le Delaware, la question de l'efficacité réelle et de l'impartialité de la liste reste entière. L'enjeu pour les prochaines révisions semestrielles sera de concilier la lutte contre les menaces extérieures avec une exigence de cohérence au sein même du marché unique.