La Commission des marchés de capitaux turque (SPK) a déposé des plaintes contre plusieurs dizaines de personnes et imposé une interdiction de transactions de deux ans pour manipulation de cours sur les actions de Katilimevim, Gundogdu Gida et Destek Finans Faktoring AS. Selon les autorités, les problèmes de liquidité concernent un nombre limité de fonds et ne représentent pas un risque systémique pour le marché. L’indice Borsa Istanbul 100 a perdu 9,3 % en trois jours avant de rebondir de 2 %. Cet article détaille les mesures prises, les sociétés concernées et les réactions des régulateurs.
Pourquoi la SPK a-t-elle engagé des poursuites judiciaires ?
La SPK a annoncé mercredi soir le dépôt de plaintes et l’interdiction de transactions pour deux ans à l’encontre de gérants de Pusula Portfoy et Tera Portfoy. Les faits portent sur la manipulation des titres de Katilimevim, Gundogdu Gida et Destek Finans Faktoring AS. Ces mesures visent à protéger les investisseurs et à restaurer la confiance dans un segment du marché des fonds où les pratiques spéculatives ont été identifiées. L’annonce précise que la régulation agit pour garantir un fonctionnement fiable et transparent des marchés de capitaux et pour défendre les droits des investisseurs. Les poursuites visent des gérants précis des deux sociétés de gestion et s’inscrivent dans un contexte de forte volatilité observée sur certaines valeurs peu liquides. La SPK a rappelé dans son communiqué que les décisions visent à assurer un environnement fiable, transparent et stable tout en protégeant les droits et les intérêts des investisseurs. Les faits incriminés concernent des opérations de manipulation de cours sur trois titres précis et ont conduit à des sanctions immédiates contre les gérants identifiés.
Quel est le rôle des trois sociétés de gestion dans la crise de liquidité ?
Tera Portfoy a indiqué que deux de ses fonds, représentant 7,5 milliards de dollars d’actifs, n’ont pas pu honorer les demandes de rachat. Pusula Portfoy a connu des difficultés similaires plus tôt dans la semaine. Atlas Portfoy a signalé jeudi des retards sur son fonds monétaire. Selon Tefas, Tera gérait environ 730 milliards de livres turques, Pusula 143 milliards et Atlas 80 milliards au moment des annonces. Ces montants illustrent l’ampleur des actifs concernés par les problèmes de rachat. Tera avait vu ses actifs passer de niveaux élevés à la fin août à 730 milliards de livres, tandis que Pusula a vu ses actifs chuter de 431 milliards à 143 milliards en quelques semaines. Les retards de paiement ont touché des fonds monétaires et des portefeuilles plus larges, révélant les risques liés à des positions concentrées dans des titres à faible liquidité. Les données de Tefas montrent que les trois sociétés géraient ensemble des centaines de milliards de livres avant les retraits massifs.
Comment la Borsa Istanbul a-t-elle réagi aux turbulences ?
L’indice Borsa Istanbul 100 a chuté de 5,5 % mercredi, déclenchant le mécanisme de suspension automatique des négociations. Jeudi matin, il progressait de 2 % à 10 h 30. Le Comité de stabilité financière a déclaré que les difficultés étaient limitées à un petit nombre de fonds et qualifiées de temporaires et gérables. La baisse cumulative de 9,3 % sur trois jours a été suivie d’un rebond partiel, mais la volatilité reste élevée. Les autorités ont noté que l’indice avait repris 2 % après l’activation du circuit breaker, sans que la perturbation ne s’étende au-delà du segment des fonds concernés. La reprise observée jeudi matin à 10 h 30 n’a pas effacé l’ensemble des pertes enregistrées depuis le début de la semaine.
Quelles mesures ont été annoncées par les autorités ?
La Banque centrale a indiqué qu’elle augmenterait les opérations repo à une semaine si nécessaire et réviserait les limites de prêt des banques. Les décotes sur les garanties seront réduites. Le ministre des Finances Mehmet Simsek a présidé une réunion jeudi pour coordonner les actions visant à restaurer la liquidité sans propagation à l’ensemble du marché. La SPK a également annoncé qu’elle communiquerait prochainement sur des mesures complémentaires relatives aux récentes évolutions. Le Comité de stabilité financière a souligné que les mesures porteront principalement sur la résolution des problèmes de liquidité et la prévention de la contagion. La Banque centrale a précisé qu’elle ajusterait le financement repo selon les conditions de liquidité observées.
Quelle est l’origine des rendements exceptionnels observés chez Tera Portfoy ?
Le principal fonds de Tera a affiché une performance supérieure à 66 000 % sur trois ans. Ces résultats proviennent de positions concentrées sur des titres peu liquides et de l’utilisation d’effet de levier. Les nouvelles règles publiées fin août ont imposé des plafonds sur les participations dans les actions en circulation, obligeant les fonds à réduire leurs positions avant la fin de l’année. Les règles limitent également les investissements dans des entités liées et fixent un délai jusqu’à la fin de l’année pour se conformer. Ces changements ont contraint les gérants à liquider des positions excédentaires alors que les investisseurs demandaient des rachats simultanés. La performance record avait été obtenue en concentrant les investissements sur un cercle restreint d’entreprises liées.
Quelles déclarations ont été faites par les acteurs impliqués ?
Emre Tezmen, fondateur de Tera, a décrit les événements comme une « attaque spéculative d’une ampleur sans précédent ». La SPK a confirmé qu’elle communiquerait prochainement sur des mesures complémentaires. Le Comité de stabilité financière a souligné que les problèmes ne présentaient pas de risque structurel pour les marchés de capitaux turcs. Tezmen a également rappelé la mission de long terme du groupe Tera visant à construire une force financière nationale et à protéger la stabilité du marché. La Banque centrale a précisé qu’elle ajusterait le financement repo selon les conditions de liquidité observées. Dans son message sur X, Tezmen a insisté sur le rôle de Tera dans la préservation de la stabilité du marché national.
Foire aux questions
Quelles sociétés sont directement visées par les plaintes de la SPK ?
Les poursuites concernent des gérants des sociétés Pusula Portfoy et Tera Portfoy pour manipulation des titres de Katilimevim, Gundogdu Gida et Destek Finans Faktoring AS.
Quel est le montant des actifs concernés chez Tera Portfoy ?
Deux fonds de Tera représentant 7,5 milliards de dollars n’ont pas pu procéder aux rachats demandés par les investisseurs.
L’indice Borsa Istanbul a-t-il été suspendu ?
Oui, le mécanisme de suspension automatique a été activé mercredi après une baisse de 5,5 % de l’indice.
Les autorités considèrent-elles qu’il existe un risque systémique ?
Non, le Comité de stabilité financière a indiqué que les difficultés étaient limitées à un petit nombre de fonds et ne présentaient pas de risque fondamental pour le marché.
Quelles actions la Banque centrale envisage-t-elle ?
Elle augmentera les financements repo à une semaine et réduira les décotes sur les garanties selon les besoins de liquidité.
