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Politique

Rena Dourou à la DEΘ : la gauche doit redevenir majoritaire

Rena Dourou à la DEΘ : la gauche doit redevenir majoritaire

Présidente du groupe parlementaire de SYRIZA-Progressive Alliance, Rena Dourou a prononcé le 11 septembre 2026 à la 90e Foire internationale de Thessalonique un discours appelant la gauche grecque à redevenir majoritaire. Elle a défendu les valeurs du parti et critiqué la politique du gouvernement Mitsotakis sur les plans intérieur et extérieur.

Quelle est la ligne politique défendue par Rena Dourou à la DEΘ ?

Rena Dourou a réaffirmé que SYRIZA reste le seul parti grec structuré autour de membres et de valeurs. Elle a insisté sur la nécessité de maintenir haut la bannière d’une gauche moderne, rénovatrice et radicale, face aux tentatives de certains de l’abandonner. Le discours a mis en avant les principes d’éthique, de collectivité, de solidarité, de paix et d’égalité, présentés comme des repères constants du parti. « Nous continuons comme le seul parti de membres et de valeurs. Le parti qui tient haut le drapeau de la gauche contemporaine, rénovatrice et radicale », a-t-elle déclaré, en rappelant que ces valeurs avaient été menacées par des tentatives de les abaisser. Ces valeurs sont aujourd’hui attaquées tant en Grèce qu’à l’étranger par l’extrême droite et la droite qui cherchent une grande rupture révisionniste contre la démocratie, la paix et le progrès. Le droit international est devenu un chiffon de papier, a-t-elle souligné. Elle a insisté sur le fait que la gauche est là pour résister et démentir ses adversaires, car elle est aujourd’hui plus forte et plus unie après s’être reconstituée.

Comment Rena Dourou critique-t-elle la politique étrangère du gouvernement ?

La présidente du groupe parlementaire a reproché au cabinet Mitsotakis une politique extérieure qualifiée d’unilatérale et prévisible. Elle a dénoncé des programmes d’armement coûteux sans participation de l’industrie nationale de défense et l’absence de stratégie cohérente face à la Turquie, notamment dans le dossier de Kasos et du câble électrique Grèce-Chypre. Elle a opposé à cette approche la politique active et multidimensionnelle menée par le précédent gouvernement SYRIZA, qui avait positionné la Grèce comme pilier de paix et de stabilité régionale. Dourou a qualifié cette ligne de « dangereuse et personnelle », exercée dans un contexte international incertain, et a regretté l’absence de stratégie nationale claire envers la Turquie et la Méditerranée orientale. Elle a rejeté la posture du « partenaire prévisible et acquis » et appelé à une diplomatie active et plurielle.

Quel plan de paix SYRIZA propose-t-il pour la Méditerranée ?

Dourou a rappelé le plan de paix et de sécurité en sept points déposé par SYRIZA-Progressive Alliance. Celui-ci inclut l’interdiction des exportations d’armes vers le Moyen-Orient, le règlement du conflit israélo-palestinien sur la base des résolutions de l’ONU, la reprise des négociations intercommunautaires sur Chypre et le renforcement de la sécurité écologique en Méditerranée. Ce plan vise à restaurer une diplomatie active et plurielle, opposée à la posture de « partenaire prévisible et acquis » adoptée par le gouvernement actuel. Il propose également de faire de la Grèce un facteur de paix, de coopération et de stabilité dans la région.

Sur quoi porte la critique du fonctionnement des institutions ?

La députée a fustigé l’absence de transparence, de reddition des comptes et d’égalité devant la loi sous le gouvernement actuel. Elle a cité les écoutes illégales, le scandale de l’OPEKEPE et les questions encore sans réponse sur la tragédie de Tempé. Elle a également pointé les attributions directes de marchés, le favoritisme et les remises en cause de l’indépendance de la justice. Selon elle, « transparence, reddition des comptes et égalité devant la loi sont des mots inconnus dans la Grèce de M. Mitsotakis », marquée par la corruption, la décomposition et les dissimulations. Ces défaillances illustrent une érosion des contrepoids institutionnels et une remise en cause de l’État de droit.

Quelle référence historique Rena Dourou a-t-elle mobilisée ?

Elle a évoqué la figure de Yannis Pasalidis, ancien président de l’EDA, qui avait réussi à rassembler des forces de gauche dispersées dans les années d’après-guerre civile. Dourou a retenu de cet exemple la capacité de la gauche à unir plutôt qu’à s’isoler, tout en précisant qu’elle ne cherchait pas d’analogies faciles avec la situation actuelle. Pasalidis avait conduit l’EDA à devenir, quelques années plus tard, la principale force d’opposition. Cette référence souligne que la force de la gauche réside dans sa capacité à synthétiser et à rassembler plutôt que dans le repli sur soi.

Comment SYRIZA envisage-t-il la reconstruction des forces progressistes ?

Dourou a qualifié de responsabilité historique la création des conditions d’une grande rencontre entre forces progressistes et citoyens progressistes. Elle a rejeté les accords secrets ou les fusions artificielles et plaidé pour des convergences programmatiques élaborées avec la société. Selon elle, les citoyens eux-mêmes demandent cette unité et la gauche peut redevenir majoritaire. Cette rencontre doit se fonder sur un projet clair pour la société, issu de la société elle-même, et non sur des arrangements de sommet. L’objectif est de construire les conditions d’une majorité progressiste par des convergences programmatiques et non par des raccourcis.

Quel bilan interne dresse-t-elle du parti ?

Elle a reconnu que SYRIZA avait traversé une période difficile et que certains avaient cru sa disparition inévitable. Elle a salué la résilience des militants et des cadres qui ont maintenu les organisations et poursuivi le travail de terrain. Beaucoup de travail sérieux est accompli aujourd’hui dans les organisations, les secteurs, le groupe parlementaire et le groupe européen. Elle a affirmé que le parti se remettait debout, savait qui il représentait et pour quelle Grèce il combattait. « Nous nous remettons sur nos pieds. Nous savons qui nous sommes, qui nous voulons représenter et pour quelle Grèce nous luttons », a-t-elle conclu, en soulignant que le parti est toujours là et a encore beaucoup à faire, de manière stable, claire et de gauche.

FAQ : questions fréquentes sur le discours de Rena Dourou à la DEΘ

Que signifie l’expression « la gauche doit redevenir majoritaire » ?

Rena Dourou a présenté cette perspective comme un objectif atteignable par des convergences programmatiques claires et non par des arrangements de sommet.

Quelle est la position de SYRIZA sur la politique étrangère grecque actuelle ?

Le parti critique une ligne jugée trop alignée et coûteuse, et propose à la place une diplomatie active et plurielle.

Quels dossiers intérieurs sont mis en cause par Dourou ?

Elle a mentionné les écoutes, le scandale OPEKEPE et les suites de la catastrophe de Tempé comme autant de preuves de défaillances institutionnelles.

Le plan de paix en sept points est-il nouveau ?

Il s’agit d’une proposition déjà déposée par SYRIZA-Progressive Alliance qui porte sur le Moyen-Orient et la Méditerranée orientale.

Comment le parti décrit-il son état actuel ?

Dourou a déclaré que SYRIZA « se remet sur ses pieds » après une période difficile, grâce au travail des militants et des structures locales.