Anthropic, SpaceX et OpenAI pourraient ensemble dépasser 5 000 milliards de dollars. Cette dynamique intervient alors que les hausses de taux ont fragilisé de nombreux « licornes » et que les nouveaux fonds levés ont diminué depuis 2021.
Des valorisations qui dépassent l’histoire des IPO technologiques
Les introductions en bourse attendues d’entreprises liées à l’IA atteignent des niveaux jamais vus. Les investisseurs d’Anthropic anticipent une valorisation proche de 2 000 milliards de dollars lors de son entrée en bourse. SpaceX a négocié dès juin à 2 000 milliards de dollars. OpenAI étudie une levée privée à environ 1 200 milliards de dollars avant une possible cotation l’année suivante. Ces trois sociétés pourraient donc représenter plus de 5 000 milliards de dollars à elles seules. Pour mettre ces chiffres en perspective, les 3 365 entreprises technologiques cotées aux États-Unis entre 1980 et 2025 ont totalisé environ 4 100 milliards de dollars à leur introduction, selon les données du professeur Jay Ritter de l’Université de Floride. Ce contraste souligne à quel point la conjoncture actuelle amplifie la dynamique historique du secteur. Les trois entreprises liées à l’IA dépassent déjà la valeur cumulée de toutes les introductions technologiques des quarante-cinq dernières années. Ce phénomène concentre une part très importante de la valeur future dans un nombre extrêmement réduit de dossiers. Les investisseurs doivent donc anticiper que les rendements du venture capital dépendront encore plus qu’auparavant de la réussite de ces quelques opérations exceptionnelles. Le reste du portefeuille risque de contribuer marginalement aux performances globales des fonds. La source ne précise pas comment ces valorisations seront confirmées lors des cotations effectives ni quel sera l’impact précis sur les rendements nets des fonds existants.
Une période difficile pour le capital-risque classique
La remontée des taux américains depuis fin 2021 a affecté une génération entière de licornes, ces sociétés privées valorisées à plus d’un milliard de dollars. Les marchés publics se sont montrés moins disposés à payer des multiples élevés pour des entreprises en forte croissance, sauf pour celles directement liées à l’IA. Beaucoup ont préféré différer leur introduction plutôt que d’accepter une valorisation réduite. Selon PitchBook, la valeur totale des licornes privées, basée sur les derniers tours de financement, atteint 5 300 milliards de dollars. La question reste de savoir quelle part de ce montant se traduira réellement en rendements pour les investisseurs. Cette incertitude pèse sur l’ensemble de l’écosystème. Les sociétés qui n’ont pas su capter l’élan de l’IA restent bloquées à des niveaux de valorisation antérieurs, sans perspective immédiate de sortie. Les fonds doivent donc gérer un portefeuille hétérogène où quelques positions surperforment tandis que la majorité stagne. Cette situation accentue la nécessité de sélectionner rigoureusement les nouvelles opportunités et de suivre de près les indicateurs de liquidité des marchés publics. La source ne fournit pas de ventilation précise par secteur ni d’estimation du pourcentage de licornes susceptibles de réaliser une sortie à valorisation élevée.
Une plus grande flexibilité dans les valorisations internes
Jay Ritter souligne un problème structurel : les fonds de capital-risque disposent d’une marge importante pour valoriser leurs participations. Les sociétés en baisse peuvent rester inscrites à des valeurs antérieures, tandis que les investissements performants sont réévalués plus rapidement vers le haut. Cette asymétrie permet aux gérants d’afficher des performances globales plus stables qu’elles ne le sont réellement. Les investisseurs doivent donc lire les rapports avec prudence et distinguer les valorisations mark-to-market des valorisations mark-to-model. À terme, cette pratique pourrait compliquer la comparaison entre fonds et rendre plus difficile l’évaluation objective des rendements nets. Le professeur Ritter rappelle que ce phénomène n’est pas nouveau mais qu’il s’accentue dans un contexte de valorisations extrêmes portées par l’IA. La source ne détaille pas les méthodes comptables exactes utilisées ni les contrôles possibles sur ces pratiques.
Le venture capital face au private equity
Le succès des mega-IPO liées à l’IA renforce l’argument selon lequel le capital-risque pourrait gagner du terrain face aux fonds de private equity. Jen Chha, managing partner chez Andreessen Horowitz, a indiqué aux Financial Times que les rendements des investissements technologiques modifient l’équilibre entre venture capital et opérations de rachat. Parallèlement, certaines stratégies du private equity subissent des pressions. Les opérations d’acquisition et de consolidation de sociétés de logiciels, qui reposaient sur des flux de trésorerie prévisibles, sont menacées par la diffusion rapide de l’IA. Les acteurs du buyout doivent donc repenser leurs modèles d’intervention, tandis que les fonds de venture capital tirent parti de la dynamique actuelle pour attirer de nouveaux capitaux et justifier des valorisations plus élevées. La source ne précise pas l’ampleur de ce transfert ni les délais dans lesquels il pourrait se concrétiser.
Concentration des nouveaux capitaux
Malgré l’envolée des investissements dans l’intelligence artificielle, les nouveaux fonds destinés au venture capital ont diminué depuis 2021. Les investisseurs ont déjà des sommes importantes engagées dans des sociétés plus anciennes et manquent souvent de liquidités pour de nouvelles mises. Quelques grands fonds font exception. Andreessen Horowitz, Founders Fund et Thrive Capital ont levé environ 25 milliards de dollars au premier semestre, soit près d’un tiers des nouveaux capitaux orientés vers le venture capital aux États-Unis. Le grand enjeu reste de savoir si cette concentration va perdurer ou si les bénéfices de l’IA finiront par se diffuser plus largement. Jusqu’à présent, les constructeurs de puces, les modèles d’IA et les grandes plateformes cloud ont capté une part disproportionnée de la valeur. La phase suivante pourrait toutefois ouvrir des opportunités à des milliers de startups développant des applications et des infrastructures autour de l’intelligence artificielle. La source ne fournit pas de projection chiffrée sur la répartition future des capitaux ni sur le nombre exact de startups qui pourraient en bénéficier.
FAQ : questions fréquentes sur l’IA et le venture capital
Quelles entreprises atteignent les plus fortes valorisations liées à l’IA ?
Anthropic, SpaceX et OpenAI figurent parmi les plus avancées, avec des valorisations projetées entre 1 200 et 2 000 milliards de dollars chacune.
Pourquoi les hausses de taux ont-elles affecté le venture capital ?
Elles ont réduit l’appétit des marchés publics pour les valorisations élevées des sociétés en croissance rapide, sauf dans le domaine de l’IA.
Combien de nouveaux capitaux ont été levés par les grands fonds en 2026 ?
Andreessen Horowitz, Founders Fund et Thrive Capital ont rassemblé environ 25 milliards de dollars au premier semestre, représentant presque un tiers des nouvelles levées américaines.
La concentration des capitaux va-t-elle perdurer ?
Les fabricants de puces, les modèles d’IA et les grandes plateformes cloud ont capté une part disproportionnée de la valeur jusqu’à présent ; la phase suivante pourrait ouvrir des opportunités à des milliers de startups d’applications et d’infrastructures.
Quel est le risque principal pour les investisseurs actuels ?
Une partie importante des valorisations des licornes reste théorique tant que les entreprises n’atteignent pas la liquidité d’une introduction en bourse ou d’une acquisition.
