La mort de Giorgos Mazonaki après une plasmaphérèse dans un cabinet du quartier de Kolonaki a relancé le débat sur l’efficacité des contrôles des structures de santé privées en Grèce. Le cabinet disposait d’une autorisation depuis 2013 et avait fait l’objet d’inspections en 2024 et 2025. L’ISA indique qu’il n’a jamais autorisé la plasmaphérèse et qu’un appareil de centrifugation non homologué a été découvert après l’incident. La question centrale porte sur les conséquences de l’intégration du SEYUP à l’EAD en 2019.
Que s’est-il passé dans le cabinet de Kolonaki ?
Le décès de Giorgos Mazonaki a mis en lumière le fonctionnement des contrôles sur les cabinets médicaux privés. Selon l’ISA, le cabinet fonctionnait avec une autorisation délivrée en 2013. Des inspections ont eu lieu en 2024 et 2025. Une demande d’ajout d’équipement a été déposée en juillet 2026 et une nouvelle inspection surprise était programmée. L’ISA précise qu’il n’a jamais délivré d’autorisation pour la plasmaphérèse dans ce lieu. Un appareil de centrifugation non autorisé a été identifié après l’événement. Ces éléments soulèvent des questions sur la manière dont les autorisations sont vérifiées et sur la capacité des autorités à détecter les activités non déclarées avant qu’un incident ne survienne. L’affaire a également révélé que le cabinet n’était pas autorisé à pratiquer la plasmaphérèse, ce qui interroge sur la détection des pratiques non conformes lors des visites précédentes. Les données rendues publiques ces derniers jours montrent que le cabinet avait fait l’objet de deux contrôles récents sans que l’activité litigieuse soit repérée.
Combien de structures de santé l’ISA surveille-t-il à Athènes ?
L’ISA indique que plus de 16 500 structures de soins primaires, dont des cabinets, des polycliniques et des laboratoires, relèvent de sa zone de responsabilité. Entre 2024 et aujourd’hui, environ 5 500 contrôles ont été réalisés pour délivrer ou modifier des attestations de fonctionnement. Environ 1 000 contrôles supplémentaires ont été effectués de manière aléatoire ou à la suite de signalements. L’ISA souligne que ses commissions ne disposent pas des pouvoirs d’un organisme d’État avec compétences d’enquête ou de poursuite. Cette distinction limite la portée des interventions lorsque des anomalies sont soupçonnées mais que l’accès aux locaux est refusé. Le président de l’ISA, Giorgos Patoulis, a indiqué qu’un contrôle sur place s’était heurté à une porte close, illustrant l’absence de moyens coercitifs pour forcer l’entrée. Les commissions de l’ISA peuvent constater des non-conformités mais doivent s’en tenir aux procédures administratives sans pouvoir exiger l’ouverture immédiate des locaux.
Quelles étaient les compétences du SEYUP avant 2019 ?
Entre 2013 et 2018, le SEYUP a reçu 2 091 ordres de contrôle et a produit 1 379 rapports d’inspection. Le volume annuel moyen s’établissait autour de 230 rapports complets. Le service recevait entre 750 et 900 signalements par an, avec priorité aux ordres du parquet. Les inspecteurs du SEYUP avaient accès aux dossiers liés à l’objet du contrôle, y compris les documents classifiés dans les limites prévues. Les services contrôlés étaient tenus de fournir les documents et de coopérer. Le refus de transmettre des informations ou la présentation de documents falsifiés constituait une faute disciplinaire distincte. Les inspecteurs exerçaient des droits et des devoirs d’officier de police judiciaire. Ces prérogatives leur permettaient d’obtenir des éléments que les commissions des ordres professionnels ne peuvent exiger. Les chiffres annuels montrent une régularité : 278 rapports en 2013, 193 en 2014, 234 en 2015, 232 en 2016, 254 en 2017 et 188 en 2018. Les inspecteurs pouvaient donc contraindre la remise des pièces et ouvrir des portes dans le cadre de leurs missions.
Quels chiffres l’EAD publie-t-elle depuis 2019 ?
L’EAD indique avoir réalisé au moins 1 400 contrôles dans le secteur de la santé privée au cours des sept dernières années. Ces chiffres restent inférieurs au volume d’activité du SEYUP sur une période plus courte. L’EAD affirme mener des contrôles systématiques, mais ne publie pas de série chronologique détaillée par année, par type de structure et par issue du contrôle. Les données disponibles ne précisent pas le nombre d’inspections portant sur les cabinets, les cliniques privées, les centres de diagnostic ou les autres structures. Cette absence de ventilation empêche d’évaluer précisément l’intensité des vérifications dans chaque catégorie d’établissements. Les communications récentes de l’EAD évoquent des centaines de contrôles sans fournir de ventilation détaillée année par année. Aucune ventilation par résultat final des inspections n’accompagne non plus ces déclarations.
Quelle différence de pouvoir existe-t-il entre l’ISA et l’EAD ?
Les commissions de l’ISA peuvent constater des non-conformités lors de leurs visites, mais elles n’ont pas la possibilité d’entrer de force si la porte est close. Elles ne disposent pas des pouvoirs d’accès aux dossiers ou des moyens coercitifs d’un organisme d’État. L’EAD, en revanche, est présentée comme l’autorité compétente pour les contrôles approfondis, mais les données précises sur son activité dans le secteur de la santé restent limitées dans les communications publiques récentes. La transition de 2019 a donc modifié à la fois le volume des inspections et les outils juridiques mis à disposition des inspecteurs. Les pouvoirs d’accès aux dossiers et de police judiciaire dont disposait le SEYUP n’ont pas été intégralement reproduits dans le nouveau cadre. L’EAD reste la seule instance disposant potentiellement de ces prérogatives, mais les résultats concrets de son action dans la santé privée ne sont pas encore documentés de façon exhaustive.
FAQ : questions fréquentes sur l’affaire Mazonaki et les contrôles santé
Le cabinet de Kolonaki avait-il une autorisation valide ?
Oui, l’autorisation de fonctionnement date de 2013 et des contrôles ont été réalisés en 2024 et 2025 selon l’ISA.
L’ISA a-t-il autorisé la plasmaphérèse dans ce cabinet ?
Non, l’ISA a déclaré n’avoir jamais délivré d’autorisation pour cette activité dans ce lieu.
Combien de contrôles l’EAD a-t-elle réalisés depuis 2019 ?
L’EAD indique au moins 1 400 contrôles dans la santé privée sur sept ans.
Le SEYUP avait-il plus de pouvoirs que l’ISA ?
Oui, les inspecteurs du SEYUP disposaient de droits d’accès aux dossiers et de compétences d’officier de police judiciaire.
Pourquoi les données de l’EAD sont-elles jugées incomplètes ?
Aucune série chronologique détaillée par année et par type de structure n’a été publiée avec la réponse récente de l’EAD.
